La rémunération du patron de Sanofi fait polémique

Catherine Ducruet / Journaliste | Le 23/02 à 08:33, mis à jour à 18:38
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    Olivier Brandicourt, nouveau patron de Sanofi, va toucher un bonus de 4 millions d’euros s’il reste jusqu’en 2016 - Jean Christophe Marmara/AP/SIPA

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Olivier Brandicourt touchera 4 millions de bonus de bienvenue. Une pratique qui irrite les syndicats et le gouvernement.

Aujourd’hui, pour s’offrir le patron d’un grand groupe pharmaceutique il faut débourser entre 2 et 4 millions d’euros. C’est ce qui ressort de l’officialisation des conditions d’embauche d’Olivier Brandicourt à la tête de Sanofi. Ce dernier va en effet toucher 2 millions d’euros à sa prise de fonction en avril et 2 millions supplémentaires en janvier 2016. S’ajoutent à ce bonus une rémunération fixe de 1,2 million par an et une rémunération variable représentant de 150 à 250 % de la rémunération fixe ainsi qu’une rémunération en actions.

Ces montants ont fait grincer des dents l’exécutif. Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, s’est étonné que, dans un monde qui encense la prise de risque, on soit « assuré d’une rémunération sans commune mesure avant même d’avoir pris la tête de l’entreprise ». Appelée à réagir sur le sujet, la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a qualifié cette rémunération de « pas normale du tout » et appelé à « la décence ».

Choquant pour la CFDT, scandaleux pour la CGT

Cette annonce a aussi fait bondir les syndicats. « Choquante » pour Stéphane Galiné (CFDT), elle est qualifiée de « scandaleuse » par Thierry Bodin (CGT) « au regard de ce que vivent les salariés et chômeurs dans ce pays ».

« On est dans un contexte de concurrence internationale, explique-t-on chez Sanofi. Pour convaincre  le nouveau directeur général de quitter son précédent employeur , il fallait compenser les avantages auxquels il a du renoncer chez Bayer. » Rien de nouveau d’ailleurs sous le soleil, puisque Chris Viehbacher avait lui aussi bénéficié en 2008 d’un bonus d’arrivée de 2,2 millions d’euros et d’une indemnité en actions au-delà de sa rémunération fixe de 1,2 million et d’une rémunération variable représentant 150 à 250 % du fixe.

 En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/pharmacie-sante/0204177583521-bonus-du-patron-de-sanofi-le-foll-demande-un-peu-de-morale-1095875.php?7TXPK9WGKRq8TYaM.99

Observations de la Rédaction.
 Quand un nouveau chercheur est embauché chez Sanofi, reçoit- il une "prime de bienvenue" avant même d'avoir commencé à travailler ? Qui plus est, une prime  digne des  seigneurs du pétrole saoudiens ,avant d'avoir rien fait et donc pris le moindre "risque" ??... En ce moment cela ne risque guère (c'est le cas de le dire), puisque Sanofi licencie "à tour de bras" y compris dans la R & D - alors que partout l'on ne cesse de marteler que la clé du succès pour sortir  de la récession économique c'est la "compétitivité", et que la R & D est la clé du succès pour accroître la compétitivié et donc de l'emploi !!!..
Mais en même temps SANOFI empoche pour l'année en cours 136 M€ de CIR/CICE dont 4 M€ vont toute honte bue, à la "prime de bienvenue"  du nouveau DG du Groupe....pour encourager l'innovation en panne ? Tandis que d'autres millions de ces 136 M€ d'argent public, payés par des contribuables exsangues des classes moyennes et moyennes sup', des retraités..sauvagement rackettés sur lesquels s'acharne l'administration fiscale, vont financer d'autres paquets de millions pour le DG, doper les dividendes distribués aux managers et actionnaires de Sanofi.
La journaliste de FR2 Elise LUCET a dénoncé ce scandale tout récemment à la TV face au Ministre des Finances Emmanuel MACRON... qui n'y a rien vu à redire !!! Il trouve ces moeurs cyniques "normales"...
Les chômeurs ex- SANOFI apprécieront ces pratiques comme il convient...
Le Ministre MACRON, le MEDEF disent: "Mais si l'Etat ne leur donnait pas tout cet argent, le groupe Sanofi aurait déjà délocalisé et serait entièrement déménagé à l'étranger... "
Argument bien peu convaincant, car on peut aussi estimer que ce groupe attend d'avoir empoché suffisamment de millions du CIR/CICE  pour se délocaliser complètement... Ainsi les Pouvoirs publics, qui déversent des tombereaux de millions sur les entreprises du CAC 40 pour les  dissuader de se délocaliser, récolteront de toute façon au bout du compte la délocalisation TOUT EN LEUR  VERSANT EN VAIN DES CENTAINES DE MILLIONS D'AIDES CIR, CICE  etc..., faute d'avoir exigé au préalables des garanties avant de verser à l'aveugle ces aides massives à une entreprise qui a simultanément depuis 2009 licencié des milliers de salariés y compris un grand nombre de chercheurs de la R & D, diminuant d'autant ses programmes de recherche alors que ceux- ci sont la clé du futur pour la compétitivité et l'emploi.
De 2009 à 2014 Sanofi a donc elle- même scié la branche sur laquelle elle était assise.
(Ci-dessous Extrait de Wikipedia sur Sanofi  www.sanofi.org/

<Dès son arrivée dans le groupe en décembre 2008, Christopher Viehbacher, comptable de formation, lance en 3 ans 2 plans d'économie et de restructuration. La R&D est particulièrement touchée, subissant en parallèle une importante réorganisation fonctionnelle et une diminution forte de ses moyens et donc de ses projets de recherche en cours.

En septembre 2012 la direction annonce un troisième plan de réduction des dépenses R&D sous couvert de rénovation de la R&D. Le site de Toulouse et celui de Montpellier, orienté Recherche et Développement précoce, sont menacés. La succession de plans de réduction de coûts depuis 2008 s’inscrit dans une logique de rétrécissement.

Cette restructuration entraîne dès juillet 2012 un vaste mouvement social au sein du groupe. Les sites de Toulouse et de Montpellier lanceront à cette occasion les "Jeudi de la Colère" et obtiendront le soutien de nombreux élus et politiques de tous bords. Le 21 septembre, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif reçoit l'intersyndicale du groupe et qualifie le plan de restructuration de Sanofi d’inacceptable. Pierre Cohen, maire de Toulouse déclare le "je serai pour une loi contre les licenciements abusifs autrement appelés boursiers. On pourrait même la nommer loi Sanofi." et qualifie la direction de sanofi de "patrons voyous".

Sanofi et le bonus d'arrivée

Après avoir supprimé 4 000 postes depuis 2009, le groupe offrira à Olivier Brandicourt, le nouveau directeur général, dont la nomination a été annoncée le 19 février 2015, une indemnité forfaitaire de 2 millions d'euros lors de sa prise de fonction qui aura lieu le 2 avril et touchera une somme identique en janvier 2016 soit un montant de 2 millions d'euros. Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a indiqué : «  incompréhensible le bonus de 4 millions d’euros octroyé au nouveau patron du groupe pharmaceutique français Sanofi, Olivier Brandicourt, et a réclamé « un peu de morale », voire des règles « réaffirmées » ». Il a ensuite ajouté : « « C’est incompréhensible. Comment tous ces gens, qui expliquent que c’est le mérite, que c’est l’économie libérale, le risque, la prise de risque qui doivent faire les résultats, ces gens-là, à peine prennent-ils la tête d’une entreprise --c’est-à-dire qu’ils n’ont pris encore aucun risque-- sont déjà assurés d’avoir une rémunération sans commune mesure ? » 

En 20 ans, en dépit des exhortations  pathétiques aux grands patrons de la présidente du MEDEF Laurence PARIZOT à la "modération" et à la "décence", rien décidément n'a changé dans les moeurs prédatrices des grands dirigeants du CAC 40...pressés avant tout de faire fortune le plus rapidement possible en se "payant sur la bête".