L’ex-PDG d’Alstom voit sa rémunération contestée par les actionnaires

LE MONDE ECONOMIE | 06.07.2016 à 11h37 • Mis à jour le 06.07.2016 à 17h56 | Par Audrey Tonnelier

 

Et de deux. Un peu plus de deux mois après le rejet de la rémunération de Carlos Ghosn chez Renault, c’est l’assemblée générale (AG) d’Alstom qui a émis, mardi 5 juillet, un avis négatif sur la rémunération de Patrick Kron, l’ancien PDG de l’équipementier. 62 % des actionnaires ont voté contre la résolution qui définissait ses éléments de rémunération.

M. Kron avait quitté Alstom le 31 janvier, deux mois avant la fin de l’exercice décalé (2015-2016) du groupe. Au titre de cet exercice, il s’est vu attribuer un salaire fixe d’un million d’euros, auquel s’ajoute 1,16 million d’euros de variable. Mais c’est la « rémunération brute variable exceptionnelle » de 4,45 millions, conditionnée à l’aboutissement de la cession d’une partie de l’activité énergie d’Alstom à l’Américain General Electric, effective fin 2015, qui a mis le feu aux poudres.

L’opération, dévoilée dans un contexte tendu avec l’Etat, avait été très contestée en 2014 par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. Surtout, le bonus de M. Kron n’a jamais été accepté par Bercy. En mars 2015, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron l’avait jugé « contraire aux principes éthiques que les grandes entreprises doivent avoir pour elles-mêmes ».

« Prime de départ déguisée »

L’an dernier, ce montant, alors encore conditionné à la réalisation de la cession, avait pourtant été approuvé à 87 % par l’AG. Mais la société de gestion activiste Phitrust dénonçait, déjà, une « prime de départ déguisée. »

Fait nouveau cette année, l’Etat dispose de 20 % des droits de vote chez Alstom, en vertu d’un accord de « prêt » temporaire de titres conclu avec Bouygues, actionnaire d’Alstom. Par ailleurs, l’agence de conseil de vote américaine ISS a, également pour la première fois cette année et comme chez Renault, conseillé à ses grands clients (assureurs, fonds de pension, gérants) de voter contre la rémunération de M. Kron.

Le groupe a immédiatement publié un communiqué, indiquant avoir « pris acte de l’avis négatif exprimé par les actionnaires » et précisant que « le conseil d’administration examinera les raisons de ce vote » et « se réunira dans un délai raisonnable en vue de délibérer […] des suites éventuelles qu’il entend donner à ce sujet ».

Le cas Carlos Ghosn

La réponse est volontairement plus nuancée que celle du conseil d’administration de Renault, qui avait relancé la polémique sur le sujet en balayant en quelques heures, fin avril, l’avis négatif des actionnaires sur les émoluments de M. Ghosn (plus de 7,2 millions d’euros). Une attitude dénoncée par le gouvernement et même des dirigeants, qui avait conduit les instances d’autorégulation du patronat, l’AFEP et le Medef, à souligner que « le conseil d’administration doit impérativement tenir compte du vote » des actionnaires. Le gouvernement était allé plus loin, soutenant un amendement à la loi Sapin 2, actuellement en première lecture au Sénat, qui prévoit de rendre contraignant le résultat du vote de l’AG. Pour l’heure, l’avis des actionnaires sur le sujet demeure « consultatif », soulignait-on mardi chez Alstom.

http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0211099653479-les-actionnaires-dalstom-se-prononcent-contre-la-remuneration-de-patrick-kron-2012346.php

D’après l’article des ECHOS ci-dessus, pour l’exercice 2015 le bénéfice net d’ALSTOM réduit à sa branche Transports a été de 3 milliards d’Euros nets.

Moyennant quoi le P.-DG KRON a fait  interjeter appel en justice devant la cour d’appel de Paris du paiement d’une rémunération supplémentaire d’invention raisonnable à un ancien ingénieur de la branche « Transports ». Le TGI de Paris lui avait accordé 325 000 € pour l’exploitation de brevets d’invention portant sur une architecture nouvelle et avantageuse de trains.par des contrats totalisant environ (sur 10 ans) 2 milliards 500 millions d’Euros !

La sté ALSTOM « accorde » aux inventeurs de nouveaux matériels ferroviaires, qui génèrent des milliards d’euros de contrats d’exploitation, une  aumône forfaitaire de… 500 euros bruts !!!... équivalente à un refus de rémunération supplémentaire, qui est pourtant depuis le 26 novembre 1990 une obligation légale de toute entreprise.

 

P. KRON ex- P.-DG d’ALSTOM, a pris sa retraite en le 31 janvier 2016 et passé la main à un successeur.

Il a touché pour 2015 : 1,2 M€ de salaire fixe annuel

                                     1, 158 M€ de prime d’objectif

                                    4,45 M€ de prime exceptionnelle pour la liquidation de la branche Energie à l’Américain GENERAL ELECTRIC ;

                                    + 5, 4 M€ versés à AXA pour lui garantir à vie une retraite – chapeau de 285 000 €/mois

SOIT AU TOTAL : 12 Millions d’Euros     

Témoignage d’un ancien salarié – inventeur d’ALSTOM  :

« En 2009 je fus finaliste d’un « ALSTOM Innovation Awards », étant parmi les 10 meilleurs projets sur les 250 postulants de cette grosse société de 75 000 salariés.

Au cours d’une cérémonie solennelle au Trocadéro à Paris les 10 meilleurs Innovateurs reçurent de la main du Président – ( qui venait de satisfaire une partie de ses stock- options pour 17 Millions d’Euros !!!) , non pas une prime de 6 mois de salaire, ni de 1 mois, MAIS UN CADRE PHOTO NUMERIQUE marqué « ALSTOM » au prix de 50 euros !...

Acte honteux mais bien sûr nous ne pouvions pas manifester notre mécontentement…

Je suis (petit) actionnaire, je viens d’être convié à l’Assemblée générale avec document à l’appui. On y trouve des éléments intéressants à approuver :

  • salaire du P.-DG 1 200 000 € + prime de résultat sz 1 158 000 € (les inventions y contribuent) soit environ 200 000 mensuels.
  • Prime exceptionnelle de 4 449 000 € pour la bonne réalisation de la vente « Alstom Energie » aux Américains de General Electric. !! un comble !
  • Versement par ALSTOM à la société AXA d’un montant de 5 400 000 € pour permettre au P.-DG de bénéficier pendant sa retraite d’une « rente/ retraite- chapeau complémentaire » de 285 000 € par mois !…
  • Et en parallèle, attaque par ALSTOM devant les tribunaux (TGI et cour d’appel de Paris) d’un ancien salarié – inventeur qui a contribué par ses inventions à la réalisation d’un CA de 2 Milliards 500 000 Euros, et ce afin de ne pas avoir à lui payer la Rémunération supplémentaire d’invention légalement due (article L. 611-7 du Code de la Propriété intellectuelle), refusée par ALSTOM et fixée à 325 000 € par la CNIS (Commission Nationale des Inventions de salariés) puis par le TGI de Paris …

Obligeant ainsi l’inventeur- salarié, dont la retraite est de quelques dizaines de milliers d’euros par an, à en consacrer une grande partie à  payer un avocat pour se défendre de cette attaque. »

 

  • NDLR. Ce  comportement immoral, honteux et cynique n’est malheureusement pas rare chez les « grands patrons » du CAC 40. Ils ne sont que de passage pour quelques années à la tête de l’entreprise à partir de 55/60 ans, juste le temps d'accumuler une solide fortune personnelle sur le dos de l'entreprise, ne créent rien..Ils ne sont nommés à ces postes que grâce aux mafias dont ils font partie (des GE, des francs- maçons, des Clubs ultra-selects dont ils sont membres comme le "Club Le Siècle"),  parce qu’à 21 ans ils ont réussi des concours d’entrée dans des GE d’ingénieurs (X,Mines)  ou à l’ENA. Qui dès lors les font entrer pour la vie entière même s'ils deviennent gâteux, dans une caste nobiliaire privilégiée leur garantissant ces hautes responsabilités, même s'ils sont incapables de les exercer.

 

Ainsi à 75 ans, un ingénieur GE en retraite se présente encore avec vanité, plus de 50 ans après (!), comme « sorti de l’X ou de l’Ecole des Mines. ou bien de l’ENA » , à… 23 ans !!

A 92 ans comme le président Giscard d’Estaing il sera encore « sorti de l’X », « de l’ENA dans la botte » !...A l’étranger on se gausse volontiers de cette sotte vanité prétentieuse  de "l'élite de l'élite" tricolore..qui nous a fait perdre tant de batailles.

 

Une exception bien française qui fait prévaloir le culte du parchemin décroché à 22 ans sur les capacités réelles de l’individu sur le terrain au cours de sa carrière. L’auteur de ces lignes a bien connu un ancien Elève de l’X, ingénieur dans le domaine de l’Armement, qui tout en étant certes un très bon mathématicien était complètement incompétent en droit  bien qu’il ait tenté de s’y mettre à partir de l’âge de 56 ans (avec l’aide désintéressée du soussigné qui lui en avait enseigné les bases juridiques)…

 

Ce qui ne l’avait pas empêché de parvenir, uniquement parce qu’il « sortait de l’X » ( !), à se faire nommer en tant que juriste- brevets au CSPI (Conseil Supérieur de la propriété Industrielle) qui en revanche restait fermé à son  formateur, « non sorti de l’X ou d’une autre GE… » donc dépourvu de ce titre de noblesse).