Dirigeants du CAC40 : Sanofi licencie 800 chercheurs, touche 136 M€ de CIR+CICE...et paie 4 M€ de bonus à son nouveau P.-DG !!!
Olivier Brandicourt touchera 4 millions de bonus de bienvenue. Une pratique qui irrite les syndicats et le gouvernement.
Aujourd’hui, pour s’offrir le patron d’un grand groupe pharmaceutique il faut débourser entre 2 et 4 millions d’euros. C’est ce qui ressort de l’officialisation des conditions d’embauche d’Olivier Brandicourt à la tête de Sanofi. Ce dernier va en effet toucher 2 millions d’euros à sa prise de fonction en avril et 2 millions supplémentaires en janvier 2016. S’ajoutent à ce bonus une rémunération fixe de 1,2 million par an et une rémunération variable représentant de 150 à 250 % de la rémunération fixe ainsi qu’une rémunération en actions.
Ces montants ont fait grincer des dents l’exécutif. Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, s’est étonné que, dans un monde qui encense la prise de risque, on soit « assuré d’une rémunération sans commune mesure avant même d’avoir pris la tête de l’entreprise ». Appelée à réagir sur le sujet, la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a qualifié cette rémunération de « pas normale du tout » et appelé à « la décence ».
Choquant pour la CFDT, scandaleux pour la CGT
Cette annonce a aussi fait bondir les syndicats. « Choquante » pour Stéphane Galiné (CFDT), elle est qualifiée de « scandaleuse » par Thierry Bodin (CGT) « au regard de ce que vivent les salariés et chômeurs dans ce pays ».
« On est dans un contexte de concurrence internationale, explique-t-on chez Sanofi. Pour convaincre le nouveau directeur général de quitter son précédent employeur , il fallait compenser les avantages auxquels il a du renoncer chez Bayer. » Rien de nouveau d’ailleurs sous le soleil, puisque Chris Viehbacher avait lui aussi bénéficié en 2008 d’un bonus d’arrivée de 2,2 millions d’euros et d’une indemnité en actions au-delà de sa rémunération fixe de 1,2 million et d’une rémunération variable représentant 150 à 250 % du fixe.
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/pharmacie-sante/0204177583521-bonus-du-patron-de-sanofi-le-foll-demande-un-peu-de-morale-1095875.php?7TXPK9WGKRq8TYaM.99
En septembre 2012 la direction annonce un troisième plan de réduction des dépenses R&D sous couvert de rénovation de la R&D. Le site de Toulouse et celui de Montpellier, orienté Recherche et Développement précoce, sont menacés. La succession de plans de réduction de coûts depuis 2008 s’inscrit dans une logique de rétrécissement.
Cette restructuration entraîne dès juillet 2012 un vaste mouvement social au sein du groupe. Les sites de Toulouse et de Montpellier lanceront à cette occasion les "Jeudi de la Colère" et obtiendront le soutien de nombreux élus et politiques de tous bords. Le 21 septembre, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif reçoit l'intersyndicale du groupe et qualifie le plan de restructuration de Sanofi d’inacceptable. Pierre Cohen, maire de Toulouse déclare le "je serai pour une loi contre les licenciements abusifs autrement appelés boursiers. On pourrait même la nommer loi Sanofi." et qualifie la direction de sanofi de "patrons voyous".
Après avoir supprimé 4 000 postes depuis 2009, le groupe offrira à Olivier Brandicourt, le nouveau directeur général, dont la nomination a été annoncée le 19 février 2015, une indemnité forfaitaire de 2 millions d'euros lors de sa prise de fonction qui aura lieu le 2 avril et touchera une somme identique en janvier 2016 soit un montant de 2 millions d'euros. Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a indiqué : « incompréhensible le bonus de 4 millions d’euros octroyé au nouveau patron du groupe pharmaceutique français Sanofi, Olivier Brandicourt, et a réclamé « un peu de morale », voire des règles « réaffirmées » ». Il a ensuite ajouté : « « C’est incompréhensible. Comment tous ces gens, qui expliquent que c’est le mérite, que c’est l’économie libérale, le risque, la prise de risque qui doivent faire les résultats, ces gens-là, à peine prennent-ils la tête d’une entreprise --c’est-à-dire qu’ils n’ont pris encore aucun risque-- sont déjà assurés d’avoir une rémunération sans commune mesure ? »